Les Pensées

Les Pensées

La Pensée précède L’action, qui elle même est une réponse de la Mémoire, la Mémoire est aussi la Pensée se projetant en tant Qu’espoir dans le Futur, la Mémoire est le Savoir, et le Savoir L’expérience.

L’important n’est pas de constater un flux incessant de pensées, quelles que soient ces pensées, mais bien plus, dans ce cas-là, de se pencher sur l’origine des pensées. Les pensées ne font que passer, même si elles sont itératives. Ne leur accorde aucun crédit, aucun poids, laisse-les émerger, ne les refrène pas mais surtout ne t’identifie jamais à elles. Quand la pensée est là, continue à la voir traverser mais dirige surtout ta conscience, puisqu’elle est encore présente, sur le moment précis où naît la pensée. Ne t’intéresse pas au contenu des pensées mais bien plus au mécanisme de la pensée. Les pensées vont et viennent.
En tant que pensée, aucune de ces pensées ne peut provenir de l’Absolu. Les pensées proviennent de différentes strates de la conscience, ordinaire comme de sommeil et même éventuellement au sein de la conscience Turiya. Ne lutte pas, ne contraint rien même si, comme tu le dis, tu as repéré des moyens qui permettent de limiter ce flux de pensées.
D’où vient le flux ? Est-ce que ce flux t’affecte ? Ce flux t’affecte dès l’instant où tu crois ce que tu penses, surtout quand tu es, comme tu le dis, au repos et en alignement, ou que cela soit aussi par les mouvements de la Danse des Éléments et du Silence. Ne cherche rien à contraindre, ne cherche rien à arrêter, mets-toi dans la neutralité du centre. N’analyse aucune de ces pensées, contente-toi de les voir, continue à voir leur flux, là dans la position de l’observateur, tu prendras ainsi très vite conscience que ces pensées ne font que traverser. Comme tu le dis, c’est un flux. Ne médite surtout pas pour arrêter ces pensées. Laisse-les arriver, ne les retiens pas, laisse-les partir et s’évacuer d’elles-mêmes.
Comme tu le sais, les pensées peuvent s’accompagner d’images, de sensations, de perceptions. Tu t’apercevras alors que de ton accueil et de ta façon d’accueillir ces pensées, celles-ci peuvent demeurer ou effectivement ne faire que passer.
Si tu restes, dans ces moments-là, dans la neutralité, sans chercher à t’opposer, sans chercher à comprendre, alors à ce moment-là, tu ne seras pas le maître de tes pensées mais tu les verras naître, tu les verras passer. Une fois cela identifié, reste tranquille, n’entreprends rien. Sois l’observateur silencieux du milieu, placé dans son coeur, qui voit se dérouler cela aussi comme une scène de théâtre. Je te rappelle que tu ne peux t’opposer avec ton mental ou avec ta conscience à ces pensées-là, car la pensée ne résulte pas de ce qui vient de ton coeur, même si cela en est parfois coloré, mais naît de l’interaction entre l’intérieur et l’extérieur. C’est cela qui crée les pensées.
Dans la pensée, il y a toujours un processus d’adhésion, de propriété même de la pensée. Mais aucune des pensées que tu vis ne vient de toi, de ce que tu es au sein de ton coeur. Les pensées naîtront toujours tant que tu seras posé en ce monde, même si celles-ci peuvent se ralentir, voire s’arrêter.
 Ne t’attache pas plus à elles qu’à aucune de tes expériences, comme à aucune de tes vibrations. Car tu n’es rien de tout cela et cela tu le sais, même si tu ne le vis pas. Observe. Retire-toi de ce flux et tu comprendras que tu es ce sur quoi s’appuie ce flux. Dès l’instant où tu réaliseras cela réellement, tu constateras réellement, de façon fort naturelle, que cela soit dans la vie courante ou que cela soit à l’intérieur de toi, tu ne seras plus tributaire ni affecté par aucune des pensées qui te traversent.
La pensée ne vient que de l’interface entre l’intérieur et l’extérieur, te montrant par là même qu’il y a encore présente quelque part, tapie en toi, l’opposition entre la dualité et l’Unité. Mais observant tes pensées comme je l’ai dit, les voyant réellement te traverser, tu arrives déjà à ne pas être affecté par elles. Seule la personne est gênée par la pensée, l’être que tu es ne peut en aucun cas être affecté par ces pensées. Trouve le milieu et vois ces pensées se répartir en périphérie de ta conscience. Mais jamais au coeur de la conscience, que cela soit dans l’Infinie Présence ou dans l’Absolu.
Dès l’instant où il y aura neutralité de toi-même par rapport à tes propres pensées, tu seras libéré de tes pensées, ce qui ne veut pas dire qu’elles disparaîtront. La pensée est inhérente à l’interfaçage entre intérieur et extérieur, résultant d’une vision duelle en route, je dirais, vers sa propre unité et sa propre résolution. Tu prendras donc connaissance de la naissance des pensées avant que celles-ci se concrétisent en tant que pensées, mais aussi de son évacuation. À un moment donné, tu seras tellement au milieu de toi-même, dans la réalité de l’être profond, que les pensées n’auront aucune incidence, n’entraîneront aucune perturbation et en définitive s’arrêteront d’elles-mêmes, dès l’instant où tu ne les arrêtes pas, dès l’instant où tu ne leur donnes pas de poids et surtout dès l’instant où tu assistes à leur naissance et à leur départ.
Cela portera ta conscience à l’interface entre l’intérieur et l’extérieur, tout en étant au milieu de ton coeur. À ce moment-là ta conscience ne dépendra d’aucune pensée comme d’aucune émotion, quelles qu’elles soient. Il ne s’agit pas là maintenant de réfuter la pensée comme ne t’appartenant pas, car effectivement elle ne t’appartient pas, néanmoins elle te traverse dans ce flux que tu qualifies d’incessant. Ne t’attache pas à elles, ne crois pas une seconde à ces pensées, que cela concerne des préoccupations quotidiennes, des interrogations plus spirituelles ou quelles qu’elles soient. Résiste à la tentation de comprendre, résiste à la tentation de t’en saisir, sois juste là aussi l’observateur silencieux et muet qui observe, comme la scène de théâtre, la naissance et la mort des pensées. Tu t’affranchiras ainsi de tout ce qui vient du limité et qui ne représente que la rencontre entre ce limité et ton propre illimité.
Le coeur et le milieu se libéreront, te donnant accès alors par le mouvement, ou par le silence, à la vacuité de l’être et à la plénitude du Soi. Cela peut se faire très rapidement. Cela te permettra, au sein de ta vie courante, de ne plus être tributaire de tes pensées mais réellement du flux de la vie ou de la Grâce de la Lumière, comme vous le dites en ce moment. Tu constateras aussi que tu peux exprimer à ce moment-là ce qui ne vient pas des pensées qui te traversent, mais que tu exprimeras plutôt le silence de ton coeur et que tu exprimeras la vérité de ton être, en quelque phrase et en quelque rencontre que ce soit.
Certains d’entre vous en occident ont appelé ça la voie de l’Enfant Intérieur, mais il y a un danger. C’est de prendre la voie de l’Enfant Intérieur pour une réalité, de même que de confondre les pensées avec la voix intérieure. La meilleure attitude, dans ce cas-là, c’est cette neutralité où il n’y a rien à décider, rien à dire et où toutefois les mots sortent spontanément de toi sans être liés à une quelconque pensée préalable. La pensée ne sera pas mise en mots, ce qui sera mis en mots est ton coeur, qui ne dépend d’aucune pensée, d’aucune croyance, d’aucune adhésion à quoi que ce soit. Alors à ce moment-là tu seras libre d’exprimer ce qui ne vient pas de tes pensées, de ton histoire, de la personne mais directement de l’Essence de la Vie que vous nommez, je crois, le Verbe Créateur.
Le Verbe Créateur n’est pas une pensée. Il est l’expression spontanée de la rythmique du coeur de celui qui est placé au centre de l’être, au milieu du coeur, comme vous le nommez : au coeur du coeur.
L’intensification de la vibration de l’énergie de la Citta qui se manifestera alors t’apparaîtra clairement comme n’ayant aucun lien ni aucune résonance avec la pensée qui traverse mais sera purement l’expression de ton centre immuable, te donnant à vivre parallèlement à cela la félicité, la béatitude du Soi que rien ne peut altérer, quelle que soit son intensité.
Il vous est donné, les uns et les autres, de voir aujourd’hui à l’oeuvre vos pensées et de constater que la plupart de ces pensées ne sont que des projections de votre propre conscience au sein de ce monde, qui seront le reflet d’une éducation, de mémoires ou d’anticipation de l’avenir. Mais rien de cela ne concerne le présent. Le présent n’a aucune pensée. Le présent se délecte de l’instant. Il se délecte de la vacuité, il se délecte du silence, de l’absence de mouvement. C’est le moment où, sans effort, vous voyez à l’oeuvre ce qu’il reste de personne et vous voyez à l’oeuvre aussi le coeur.
Souvent, quand vous vous exprimez, il y a une pensée préalable et votre expression est alors colorée par la pensée préalable. Mais la pensée ne vient pas de l’être, je l’ai dit, elle résulte de l’interfaçage et de la résonance, la réaction, existant entre l’être que vous êtes en éternité et ce monde éphémère. Réalisant cela, sans effort les pensées se dilueront, deviendront de moins en moins prégnantes, de moins en moins présentes et vous donneront ainsi un accès plus intime et plus lucide à la voix intérieure, qui n’est que Silence et qui surtout n’a aucun point d’appui dans le passé et aucune projection dans l’avenir.
Quelles que soient ces pensées, aucune de ces pensées ne concerne l’être. Parce que l’être n’a pas besoin de pensées. L’être a besoin de l’être et a besoin d’être. Le reste est superflu et je dirais même vient altérer la perception de l’être bien au-delà de la vibration et du vibral, comme vous le nommez.
Plaçons-nous maintenant dans ce Silence afin en quelque sorte d’intégrer, pas les mots que j’ai prononcés mais surtout la conscience qui l’accompagne, faisant résonner en vous le coeur de l’être. Et là, tu trouveras Turiya, non plus en tant qu’expérience mais en tant qu’état de plus en plus permanent, reflet et réalité de ton coeur ou de ton enfant intérieur.