L’Amour individuel

L’Amour Individuel

 

Je laisse Eckhart Tolle nous conter ce que peut être L’amour Individuel, L’amour Duel, L’amour Attachement, L’amour Sentimental, L’amour Passionnel, L’amour Fusionnel.

« Maintenant, l’amour, le véritable amour est transcendant et sans la reconnaissance du sans-forme en soi-même, il ne peut pas y avoir d’amour véritable, d’amour transcendant, parce que si vous ne pouvez pas reconnaître le sans-forme en vous-mêmes, vous ne pouvez pas vous reconnaître en l’autre. Et la reconnaissance de l’autre comme vous-mêmes, en essence et non pas en tant que forme, est l’amour véritable. Donc, tant que le mental conditionné est à l’oeuvre et que vous y êtes complètement identifiés, il n’y a pas d’amour véritable. Il peut y avoir des substituts, des choses appelées amour, mais qui ne sont pas l’amour véritable, par exemple le fait de tomber amoureux.

Tomber amoureux, peut-être est-ce arrivé à la plupart d’entre nous. Une ou deux personnes sont peut-être amoureuses en ce moment, sont peut-être tombées amoureuses, et celles qui l’ont vécu, ont également vécu le fait de « tomber hors de l’amour ». Nous devons nous rappeler de comprendre, s’agissant de l’amour véritable et des autres formes du soi-disant amour, que nous sommes dans le relatif en tant que forme et dans l’absolu en tant que conscience sans forme. Ce sont les deux dimensions que l’être humain incarne en tant qu’humain et en tant qu’être, l’humain étant la forme et l’être étant la conscience intemporelle sans forme elle-même.

Et la forme peut être attirée, avoir de l’affinité pour d’autres formes. Cela peut arriver pour de nombreuses raisons, l’une étant que cette forme provient d’une autre forme, votre mère. Il y a donc des affinités de cette forme-ci pour une autre forme. Vous avez donc un amour pour votre mère qui peut être qualifié de personnel et votre mère a un amour pour vous qui peut être qualifié de personnel.

Un autre aspect de l’affinité pour une autre forme est l’attrait homme/femme. Cela peut aussi être l’attrait homme/homme et femme/femme, mais parlons pour l’instant de l’attrait homme/femme. Vous êtes attirés par un autre corps, l’attrait sexuel parfois appelé amour. Surtout quand l’acte sexuel est nié assez longtemps, il risque fort de se transformer en amour obsessionnel, à tel point que dans les cultures où l’on ne pouvait pas avoir de rapports sexuels avant le mariage, tomber amoureux pouvait être une chose énorme pour des gens et les pousser au suicide quand il n’y avait pas d’échanges.

Il y a une affinité naturelle homme/femme. L’incomplétude primordiale de cette forme réside bien sûr dans le fait que vous soyez, ou un homme ou une femme. L’unité est donc devenue la dualité masculin/féminin, ce que vous retrouvez même avec les animaux et même avec les plantes. La dualité homme/femme : l’attraction de l’autre est une tentative pour trouver la complétude, l’achèvement, l’accomplissement avec la polarité opposée. C’est essayer de trouver l’unité merveilleuse, pour retourner au . . . C’est ce qui est à la base de l’attraction et là encore, cela concerne la forme, parce qu’au niveau de la forme, on n’est pas complet, on n’est que la moitié du tout. Une moitié de l’humanité est masculine et l’autre moitié est féminine, à peu près.

Si vous êtes une femme et que vous n’aimez pas les hommes, ou que vous êtes un homme et vous plaignez des femmes, vous n’aimez pas la moitié de l’humanité, vous vous plaignez de la moitié de l’humanité, l’autre moitié.

On a donc l’attraction de l’autre et l’on peut vouloir ensuite trouver en un autre être humain certaines qualités qui sont au diapason de certaines qualités en soi-même, de certaines fréquences émotionnelles en soi-même. On peut encore se sentir attiré par des qualités qui ne sont pas au diapason des siennes mais opposées. Vous pouvez être une personne très paisible et être attirés par une personne très théâtrale – cela peut arriver – ou être une personne théâtrale attirée par une personne paisible. Là encore, il y a l’espoir d’une certaine complétude. Vous pouvez donc avoir de l’affinité avec une autre forme qui serait appelée l’amour personnel.

Maintenant, s’il n’y a rien d’autre que l’amour personnel, que ce soit au niveau sexuel ou émotionnel, homme/femme, homme/homme ou femme/femme, l’amour émotionnel entre parents et enfants… Il y a ce lien puissant, cette affinité, parce que ce corps provient d’un autre corps, étant le produit de deux corps qui se sont unis. Il y a donc naturellement l’amour pour ses parents et l’amour des parents pour leurs enfants.

Tout cela est très bien, mais se pose une question essentielle : y a-t-il ou non autre chose ? S’il n’y a que l’affinité personnelle ou l’attraction d’une autre personne, ce qu’il manque, c’est la dimension transcendante du sans-forme où émerge l’amour véritable. Est-ce que l’amour véritable fait partie de l’amour personnel ou n’y aurait-il rien d’autre que le niveau personnel ?

Selon le cas, le soi-disant amour, soit finira en quelque chose de douloureux, de frustrant ou il mourra, soit s’approfondira. Par exemple, il y a l’attraction de deux humains qui peut être sexuelle au départ. S’ils se mettent à vivre ensemble, cela ne peut pas durer longtemps et constituer l’accomplissement de la relation. À un certain moment, les niveaux sexuel et émotionnel doivent s’approfondir et la dimension transcendante doit survenir d’une manière ou d’une autre. Ne serait-ce qu’à un certain degré, elle doit survenir. Si la relation doit s’approfondir, l’amour véritable doit transparaître dans l’amour personnel.

Donc, la chose importante, est-ce que transparaît l’amour véritable qui émane de la dimension non formelle intemporelle de qui vous êtes dans l’amour personnel qui a à voir avec l’affinité des formes ? Si l’amour véritable ne transparaît pas, il y a complète identification à la forme, à l’ego. La forme est ultimement l’ego. C’est alors une recherche de l’amour que vous ne trouverez jamais en réalité.

De nombreuses fois, vous pouvez penser que vous l’avez trouvé pour découvrir ensuite que ce n’était pas le cas : « C’était la personne qui allait être la bonne. Oh non ! » Après avoir vécu ensemble un certain temps, vous comprenez et vous vous dites : « Je me suis trompé. J’étais complètement dans l’illusion ». Le mental peut encore inventer d’autres histoires : « Il ou elle m’a dupé complètement », sans voir que vous vous êtes dupés vous-mêmes, « il m’a dupé, il m’a trompé. Il m’a fait croire qu’il m’aimait et il ne m’aime pas du tout. Il m’avait promis le bonheur et rien ! ».

Et même entre parents et enfants, où il y a un attachement profond au niveau de la forme, un lien très étroit, là encore, si la dimension transcendante ne transparaît pas, l’amour entre les parents et les enfants finira tôt ou tard en quelque chose d’autre. C’est pourquoi tant de gens ont des relations si problématiques avec leurs parents… parce que vous avez les egos.

Quand il n’y a que la forme, certes vous éprouvez un attrait puissant, vous allez les voir, vous voulez d’eux quelque chose qu’ils ne peuvent pas vous donner, vous y retournez cependant encore et encore et tout ce que vous obtenez, ce sont les mêmes vieilles réactions. Il y a donc beaucoup de souffrance là où il y a un attachement, une affinité entre deux êtres humains sans que transparaisse la dimension transcendante. Aussi étroit que soit le lien, ce sera une forme de souffrance.

Dans toute relation, même si certaines relations peuvent n’être au début basées que sur la forme, comme avec la sexualité, il peut arriver que l’autre dimension arrive après un certain temps, peut-être seulement après de nombreux problèmes et avoir même été proche de la rupture. Il y a tout à coup un approfondissement et vous êtes en mesure d’amener de l’espace. Et vous avez là un mot-clé : y a-t-il de l’espace dans cette relation, l’espace intérieur, une impression d’espace, ou n’y a-t-il que des pensées et des émotions, des pensées et des émotions ? Est-ce tout ce qu’il y a ? C’est une horrible prison que vous habitez… si vous vivez avec une personne et que tout ce que vous avez, ce sont des pensées et des émotions !

Bien sûr, de temps en temps, ça va bien, parce que vous en avez assez de vous battre, mais à nouveau très vite, reviennent inlassablement les frictions, les désaccords, des trucs, des trucs. Même les gens qui ont fait des années de thérapie continuent de dire : « Il y a tellement de choses qui remontent dans mes relations, tellement de choses qui remontent ». Il n’y a évidemment pas de fin aux choses, aux trucs, parce que de nouveaux trucs sont générés continuellement.

Oui, nous devons reconnaître qu’il y a des affinités personnelles, mais elles ne sont jamais épanouissantes en elles-mêmes et si souvent, elles sont surtout la source de la souffrance. L’amour devient donc une source de souffrance, le soi-disant amour, quand manque le transcendant. Donc, comment est-ce que la dimension transcendante arrive ? En étant spacieux avec l’autre, ce qui veut essentiellement dire que vous accédez en vous-mêmes au silence pendant que vous regardez l’autre, pendant que vous écoutez l’autre ou, si c’est une relation intime, pendant que vous touchez l’autre, simplement le silence et non pas le bruit mental, ni les vagues émotionnelles. Cela ne signifie pas qu’il ne peut pas y avoir des pensées et des émotions, mais il y a quelque chose d’autre de présent dans la relation, cet espace.

Et cela ne s’applique pas seulement aux relations personnelles intimes que j’appelle les relations d’amour. Cela s’applique aussi aux relations plus superficielles, au travail par exemple ou quand vous rencontrez une personne pour un bref moment, parce qu’elle est assise à côté de vous dans l’avion. Même lors d’une opération commerciale avec quelqu’un, en toutes sortes de relations qui ne sont pas des relations d’amour, y a-t-il là de l’espace ? En toute relation humaine, rappelez-vous la question : y a-t-il de l’espace ? On pourrait l’utiliser comme un petit mantra. C’est bien sûr une pensée. C’est un indicateur. It’s a pointer beyond itself Il pointe au-delà de lui-même. Y a-t-il de l’espace dans cette relation ?

Essentiellement, disons-le franchement, l’espace est là quand les pensées sont devenues insignifiantes, tout jugement dans la tête, aussi quand les émotions sont devenues insignifiantes. Quelque chose de plus profond est là, la conscience, le silence, le silence vivant, vigilant, l’espace.

C’est incroyable – je l’ai observé souvent – quand les gens ont vécu ensemble un certain temps, l’autre n’est plus reconnu dans la vie quotidienne, parce qu’il y a tant à faire pour la plupart des gens. Par exemple, quand vous vous réveillez le matin, y a-t-il un moment où vous reconnaissez la présence de l’autre ? Cela n’a pas besoin de durer longtemps. Quand l’autre revient du travail, est-ce que vous lui dites immédiatement : « Tu as pensé à faire ceci, cela ? » ou « Tu sais ce qu’on doit faire ? » ? Il est à peine arrivé, vous n’avez même pas reconnu sa présence : « Tu sais ce qu’on doit faire maintenant ? Il faut que… Je dois… ». Vous êtes dévorés par les pensées.

Vous pourriez dire encore : « Tu sais ce que tu m’as dit hier soir ? Je n’ai pas arrêté d’y penser, ça me reste vraiment en travers de la gorge ! ». Vous étiez bien jusqu’à ce que vous vous mettiez à y penser et comme vous y pensez maintenant, vous êtes plein de ressentiment. Trop de penser, trop peu de présence ! Oui, des émotions remonteront encore et là encore, il y aura la possibilité d’être présent avec l’émotion de sorte que vous ne soyez pas juste sous son emprise et qu’elle soit simplement là dans l’espace de qui vous êtes. Là, vous pouvez sentir la vague émotionnelle.

Il est possible de ne pas exagérer son émotion. Toute chose que vous exagérez ne peut plus vous aider. Vous pouvez dire votre émotion : « Je sens ceci, cela dans l’instant ». Souvent, elle passe ainsi, si vous ne l’alimentez pas avec vos pensées. Simplement, vous la reconnaissez. Si vous alimentez l’émotion avec vos pensées, il y a un cercle vicieux où l’émotion génère plus de pensées et les pensées plus d’émotions.

C’est en réalité la chose la plus merveilleuse si vous pouvez être là pour l’autre en tant qu’espace plutôt qu’en tant que personne, parce que la personne est une forme. Or, quand je dis cela, il vous faut sentir en cet instant même le fait d’être ici en tant qu’espace. En cet instant même, vous pouvez être ici, soit en tant que personne, soit… Bien sûr, la personne est là de toute façon. Le corps ne va pas disparaître tout de suite. Vous êtes donc en sécurité. Le corps est ici et reste sur cette chaise, c’est OK. Vous avez aussi un passé qui ne va pas vous quitter non plus. Vous vous rappelez votre nom, ce qui vous est arrivé l’année dernière, il y a dix ans. Vous pouvez même vous rappeler votre ex-mari ou votre ex-femme. Tout cela demeure et ne va pas disparaître.

Et cependant, avez-vous besoin de transporter tout ça avec vous ? Il y a surtout la capacité de sortir de la dimension personnelle pour entrer dans la dimension du moment présent, de la présence, ce qui n’a rien à voir avec votre passé, et d’être présent, vigilant. Et percevez que votre identité ne provient pas de votre histoire passée, mais qui vous êtes véritablement est la présence vigilante qui est inséparable du moment présent, maintenant. C’est qui vous êtes, ceci, ce qui n’a ni nom ni forme. En réalité, vous ne pouvez absolument pas le nommer quoique nous le fassions, parce qu’il nous faut bien utiliser de petits indicateurs.

Vous êtes cela, le silence vigilant. Vous n’êtes pas une personne. Ce n’est que la forme, parce que cette chose va s’en aller très bientôt. Que ce soit l’année prochaine ou dans quarante ans, ce sera bientôt. Et quand viendra la mort, ce sera aujourd’hui.

Autant que possible, soyez ici, avec un autre humain, ou alors que vous êtes assis ici comme étant une présence. Vous êtes une présence ici, vous êtes la présence, et c’est seulement comme identité secondaire, l’identité relative, que vous êtes une personne avec un passé. Or, la plupart des gens tirent leur identité de leur passé, à savoir leurs pensées, et si vous pouvez maintenant tirer votre identité de la conscience elle-même, cela veut dire que vous avez transcendé la personne. Si vous pouvez vivre votre vie de façon à ce que le transcendant puisse y transparaître, y compris dans le domaine personnel de ce monde, c’est alors l’accomplissement de votre destinée. Amener cela.

Et c’est en réalité aimer. Pour dire cela autrement, c’est être ici en tant qu’être aimant. Vous aimez alors tout ce que vous rencontrez, parce qu’il y a une résonance, non pas seulement l’affinité de la personne avec une autre personne, laquelle est très sélective, une résonance avec toute vie, non plus la seule sélection de quelques personnes, d’un bel homme ou d’une belle femme, de sa mère, de son père, etc. C’est un sentiment général inconditionnel de non-séparation d’avec la vie qui fait presque un peu bizarre.

Je me surprends parfois moi-même à prendre un objet et à simplement apprécier sa présence, son être. Cela peut être n’importe quoi, un tube de dentifrice, un stylo… Cela n’a pas besoin d’être quelque chose de spécial et cela se produit de façon naturelle, l’appréciation de l’état d’être de chaque chose, peut-être pas continuellement, parce que vous auriez l’air un peu bizarre si vous vous mettiez à . . . et les gens pourraient penser que vous avez pris quelque chose.

Quand il y a l’espace, l’amour rayonne et qu’est-ce que l’amour à nouveau ? La reconnaissance de votre unité avec toute vie. Et la vie est toute chose, animée ou inanimée. Ultimement, il n’y a rien d’inanimé, parce que si vous regardez assez profondément dans les choses soi-disant inanimées, vous trouvez la vie, la vie vibrante. Tous les physiciens vous le diront. Si vous allez suffisamment dans la profondeur d’une pierre, vous trouvez la vie vibrante. Et c’est autour de vous.

Or, vous ne savez plus que vous êtes entourés par le merveilleux des choses, parce que la dimension transcendante n’est pas là et vous ne pouvez donc pas voir que toute chose fait partie de qui vous êtes. Ainsi, l’amour n’est pas là. Cela veut dire que ce qui manque, c’est le sentiment d’unité. Et donc, pour restaurer cela… Je parle de restauration en supposant qu’à un certain moment, avant de se développer, les humains vivaient peut-être dans cet état d’unité et qu’ils l’ont perdu. Ils étaient destinés à le perdre et nous sommes maintenant destinés à le retrouver à un niveau plus profond, parce que quand vous ne l’avez jamais perdu, vous ne savez même pas que vous l’avez. Vous ne l’appréciez pas.

Nous parlons donc de l’amour. Ce n’est pas juste entre deux êtres humains, ce qui est magnifique et c’est très différent de ce que vous dit l’ego à ce sujet. Ce n’est en rien un besoin. On pourrait dire que c’est un écoulement, quelque chose qui s’extériorise, plutôt qu’un désir, qu’un vouloir. Il y a tellement de beauté autour de vous et pas seulement ce qui est conventionnellement considéré comme beau. Une fleur offre bien sûr une beauté suprême. Mais la beauté se trouve même là où l’on ne l’attendrait pas habituellement.

Il y a une belle scène… Certains films… J’ai donné une conférence il y a un certain temps sur la dimension transcendante du cinéma qu’on voit de temps en temps et c’est magnifique. J’essaie toujours de la repérer quand je regarde un film ou lis un roman : y a-t-il là la présence de la dimension transcendante ou non ? Est-ce que tous les personnages du film sont complètement piégés dans leur identité en tant que forme, dans leur ego ? C’est bien sûr le cas dans beaucoup de films et peut-être que les gens aiment les voir, parce qu’ils peuvent se dire alors : « Oh, il est exactement comme moi ! ».

Il y a par exemple le film « American Beauty » (Beauté américaine) qui est sorti il y a des années. L’un des personnages se déplace – un jeune homme pour ceux qui ont vu le film – avec une caméra et soit le réalisateur a voulu les choses ainsi, soit cela s’est produit par hasard – je ne sais pas – mais pour moi, le spectateur du film est mis en situation d’être conscient, parce qu’il se déplace en filmant tout de façon passive. Donc, quand vous voyez cela dans le film, vous devenez le témoin conscient, parce que la caméra symbolise le témoin.

Et il y a donc cette scène où l’on voit… Je pense que c’est un sachet en plastique ou en papier qui est emporté par le vent et c’est filmé. Et il y a ce commentaire à l’arrière-plan sur ce mouvement : « Comme c’est merveilleux ! ». C’est donc un moment transcendant quand le scénario du film, lequel est bien sûr problématique, sans quoi il n’y aurait pas de film – quand le scénario s’ouvre tout à coup et quelqu’un se met à regarder un morceau de papier ou un sachet en papier emporté par le vent et à dire : « Que c’est merveilleux ! ». C’est une percée de la dimension transcendante et c’est magnifique de le voir dans un film.

Il en va de même pour votre vie. Il y a votre situation existentielle, mais y a-t-il là une irruption du transcendant ? Sans cela, votre vie devient de plus en plus difficile, stagnante, pleine de colère ou d’agacement. Et c’est là en fait où nous parlons d’amour, parce que quand vous voyez de la beauté en toute chose, cette appréciation de tout ce qui vous entoure est une forme d’amour. C’est l’amour. Toutes les manifestations de la vie, le jeu de la vie autour de vous, incluant même la circulation routière. Le mental dit que la circulation est épouvantable. Eh bien, c’est une manifestation de l’univers qui s’amuse ainsi, qui produit d’innombrables manifestation de vie et si vous êtes enracinés dans le transcendant, vous pouvez *** la beauté jusque dans les phares des voitures… La lumière !

Et la circulation des gens : simplement regarder avec amour pour voir les manifestations infinies de la forme humaine. IL y a des milliards d’humains qui vivent sur la planète, si différents ! Certes, il y a bien des schémas mentaux qui sont très similaires, mais les gens sont tous un peu différents. Aucune personne n’est exactement la même qu’une autre. C’est la vie qui produit ces formes. Mais vous ne pouvez apprécier la beauté que si elle repose sur la dimension du sans-forme en vous-mêmes. Les formes peuvent alors être appréciées. Sans cela, sans l’espace à l’intérieur, soit vous désirerez de ces formes que vous voyez, soit vous serez plein de peur, que les formes soient des êtres humains, des situations, des endroits ou n’importe quoi d’autre. Il ne peut pas y avoir là d’appréciation véritable.

Et c’est même relié à la gratitude. C’est un mot important, mais les gens ne savent pas ce qu’il implique. La gratitude est simplement l’appréciation de ce qui est sous quelque forme que ce soit, l’aimer et non pas le désirer, l’aimer. »